Le sujet a été rarement abordé, obnubilé que l'on était par des idées reçues, avec toutes les insuffisances et tous les scrupules que ce mot comporte, admises sans discussions.
L'expression de science appliquée, si souvent évoquée, indique déjà un lien de dépendance, mais de dépendance à sens unique.
L'intitulé d'un chapitre de Bachelard, « Connaissance et technique », en est déjà une preuve manifeste.
Dès lors que la technique n'est pas « scientifique », on lui refusa toute logique.
En technique, écrit Bachelard, le but s'intègre réellement dans l'être qui le réalise, il en est l'élément principal, et cette fois le cela doit être ne résonne pas comme une présomption logique, mais comme un ordre.
Le philosophe s'empêtre quelque peu dans ses pieds pour situer la technique en face de la connaissance scientifique, sans supposer un instant qu'il puisse exister une connaissance technique, d'un ordre et de formes différents.
Le travail de MM. Guillerme et Sebestik sur Les commencements de la technologie fournit une impression analogue.
Pour eux, la technologie est un discours sur la technique et l'histoire qui en est tenté est celle d'une discipline scientifique, ou tout au moins du projet de traitement scientifique, ayant pour objet les opérations techniques.
Et un peu plus loin : le titre vise donc la constitution du discours sur les opérations techniques comme discours de type scientifique.
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, on a distingué formellement les « arts » et les « sciences ».
Des Écoles, encore de nos jours, s'intitulent des arts et métiers ou des arts et manufactures.
Mais, de plus en plus, la connaissance technique est assimilée à la connaissance scientifique.