Trois petits traits et puis s’en vont.
C’est un truc vieux comme le monde.
Simplement de tracer quelques traits horizontaux derrière votre personnage ou votre objet pour indiquer qu’il est en mouvement.
Vous pouvez pousser plus loin encore le concept des traits horizontaux.
Ne vous contentez plus de montrer que votre objet avance, mettez en avant la manière dont son mouvement impacte son environnement.
Une boule de feu en provenance du ciel va forcément marquer l’atmosphère ou la croûte terrestre.
Faites apparaître cette transformation, sur tout le trajet concerné.
Un tel déplacement produira toujours son petit effet.
Certains mouvements sont d’ores et déjà inscrits dans notre esprit.
En figeant le moment qui précède un impact, vous solliciterez le cerveau de votre public.
Vous n’avez même plus besoin de montrer le mouvement : ceux qui regarderont l’image le complèteront automatiquement.
Si vous présentez votre personnage dans différentes poses successives, décomposant ainsi l’action qu’il devrait effectuer, vous êtes en train de créer ce mouvement.
Les yeux iront d’une pose à l’autre, imaginant celles qui manquent, racontant l’histoire à partir de quelques petits clichés qui synthétisent le tout.
La même technique peut être utilisée en y ajoutant un effet de transparence, comme si différents films de l’action se superposaient les uns aux autres.
Il s’agit là d’une technique de photographie, mais qui peut très bien s’exploiter aussi en illustration.
Quand vous prenez la photo d’un objet en mouvement, il en résulte souvent un effet de flou, de lignes déformées.
C’est cela que vous doivent chercher à reproduire pour imiter le mouvement, pour créer la sensation de celui-ci.
Trop de netteté risque de figer les éléments.
Vous avez déjà entendu parler de la règle des tiers, des points où le regard se focalise ?
Vous allez les utiliser, mais pour créer une sensation plus dynamique.
Il vous faudra cette fois travailler en diagonale, afin de casser les schémas habituels.
Et aussi tenter de dresser des lignes qui s’opposent aux autres, qui s’y confrontent, brisent leur symphonie.
C’est ainsi que le mouvement naîtra.
L’esprit humain est plus docile qu’on ne le penserait.
Il suit certains codes, que vous le vouliez ou non.
Ainsi, en présentant des lignes arrondies, l’œil va également tourner en rond, aborder le graphisme d’un autre angle, partir de l’extérieur pour aller vers l’intérieur, revenir à l’extérieur…
En le faisant ainsi bouger, il trouvera du dynamisme à votre image.
Et d’autant plus si vous lui offrez des détails subtils qui lui demanderont d’y revenir encore.
Le mouvement sera là plus dans le regard que dans l’image.
Sauf si vous en insufflez un peu par vous-même.
La répétition de formes géométriques, poussée à l’extrême, est ainsi très efficace pour créer une sensation de mouvement.