Les arts martiaux englobent un système complet d’entraînement qui va bien au-delà du combat pur et simple. Les encyclopédies et les dictionnaires incluent déjà dans leurs définitions un autre élément très important : la philosophie. Oui, l’art martial est un ensemble de techniques et de traditions de combat, mais ce qui le rend durable, c’est que ces techniques sont associées à une philosophie qui leur est propre. Les techniques de combat sont, sans aucun doute, la facette la plus évidente des arts martiaux, puisque l’efficacité ou non des coups est quelque chose de facilement observable. Cependant, l’un des aspects qui attire le plus l’attention du profane n’est pas le combat lui-même, mais la discipline qu’il y a derrière l’entraînement. La discipline est nécessaire non seulement pour l’entraînement physique, mais aussi pour la pratique philosophique.
La connaissance préservée par l’exercice du Respect est la grande caractéristique des arts martiaux. Pour beaucoup de pratiquants d’arts martiaux, pendant longtemps, tout se résume aux techniques d’attaque et de défense et à leur perfectionnement incessant. La tradition héritée par chacun des arts définit son propre style, qui comprend des techniques développées en fonction de l’époque et du lieu où il est né.
La présence du maître dans la tradition martiale est primordiale pour que la triade technique-philosophie-spiritualité soit placée de façon juste pour chacun. Et c’est cette connaissance millénaire qui, cachée derrière les techniques de combat, rend les arts martiaux si attrayants. La recherche du véritable sens de la vie est toujours un moteur pour les êtres humains. Pendant des milliers et des milliers d’années, les grands maîtres d’arts martiaux ont affirmé que le travail du disciple devait consister à canaliser l’énergie interne par l’entraînement et la discipline, unifiant ainsi l’esprit, le corps et l’âme, dans le but ultime d’intégrer l’homme à l’univers. L’entraînement aux arts martiaux, avec le temps et le dévouement nécessaires, éloigne le pratiquant de l’antagonisme préliminaire du combat corps à corps et le conduit à une transformation de son propre être. La véritable nature des arts martiaux réside précisément dans ce changement d’orientation : il ne s’agit pas de vaincre l’adversaire, mais de se vaincre soi-même.