La société coréenne, le monde du travail est ultra codifié. Il y a un sens de la discipline et de la hiérarchie hyper présent. Par exemple, on ne passe pas devant son manager dans l’ascenseur. De la même manière, on ne part pas du bureau tant que le manager n’est pas parti. Et on n’appelle pas son manager par son prénom. On s’adresse à lui en utilisant son ranking - Master 1, Master 2 - qui correspond à son rôle et son ancienneté dans l’entreprise. Les horaires de travail sont très étendus. Personnellement, je me permettais de partir à 19h quand je n’avais plus de travail. Mais là, encore mon statut d’expat’ jouait en ma faveur. Pour un Coréen, c’est impensable. Pendant mon expérience, j’ai pu observer qu’ils font des gros horaires. Ils déjeunent au bureau. Ils dînent au bureau. Ils bossent jusqu’à 22 ou 23h. Mais c’est aussi une question d’organisation et d’efficacité. Les gens sont très ouverts. J’ai ressenti une vraie volonté de créer des liens sur le lieu de travail. Mais le problème est que pour vraiment parler et s’ouvrir - et relâcher la pression - les salariés en Corée ont tendance à utiliser l'alcool - beaucoup et très vite. Et ensuite, le lendemain au bureau, c’est comme s’il ne s’était rien passé la veille car il ne faut pas perdre la face. Du coup, ça donnait l’impression de quelque chose d’un peu superficiel. La pression très forte du travail a aussi un impact sur les relations entre collègues. Par exemple, le lundi matin quand je demandais à mes collègues ce qu’ils avaient fait le week-end, il y avait régulièrement des gens qui me répondaient « je suis tellement vidé de ma semaine que le week-end je ne fais rien ». Ça m’a beaucoup surprise et ça crée une distance puisque moi je passais mes week-ends à explorer la ville en long et en large. C’est des choses que je connaissais du Japon mais ça m’a surprise à Séoul. C’est quand même l’un des pays avec le plus haut taux de suicide au monde. Quand on part vivre en Corée, il faut quand même savoir qu’on va dans un pays dont la société est en peine par rapport à ça.