Nous payons toutefois bien cher ces quelques avantages. Ainsi, les actions prises pour diminuer les coûts de production n’entraînent pas qu’une baisse des prix, mais aussi bien souvent des diminutions de salaires, quand ce n’est pas la délocalisation des emplois, qui, elle, ajoute à la pression à la baisse des salaires sur les emplois non délocalisés. La concurrence porte aussi l’employeur à augmenter l’intensité du travail, donc le risque d’accidents de travail, et à externaliser les coûts : pollution, utilisation de produits dangereux, etc.
S’il est vrai que la concurrence incite les entreprises à améliorer la qualité de leurs produits, trop souvent l’appât du gain peut mener à retarder l’apparition du meilleur produit pour écouler de vieux produits ou encore des produtos intermédiaires.
Si la concurrence permet d’augmenter le choix des consommateurs, la diversité des choix est parfois bien factice et découle plutôt de la différenciation artificielle qui permet de donner la perception au consommateur qu’une marque est meilleure qu’une autre, même si le produit est identique.
Cette stratégie « efficace » entraîne à son tour :
une hausse des dépenses de publicité, dépenses qui n’apportent rien de plus aux produits mais fait augmenter les prix;
le suremballage des produits pour attirer le consommateur;
l’obsolescence planifiée, par exemple en concevant des biens fragiles qui coûtent moins cher à produire ou en mettant sur le marché des produits qu’on améliorera peu de temps après.
De façon plus générale, la concurrence, qu’elle soit locale ou internationale, entraîne d’autres effets négatifs :
le gaspillage d’équipements encore utiles lorsqu’une entreprise ferme ses portes en raison de la concurrence;
la pauvreté des personnes qui perdent leur emploi en raison de la concurrence et ne peuvent trouver d’autres emplois en raison de la non transférabilité de leurs compétences;
l’hésitation de certains employeurs à investir dans la formation de leurs employés de peur que ces employés les quittent et que ce soit un concurrent qui en bénéficie;
l’espionnage industriel et son pendant, les mesures de sécurité pour empêcher les concurrents de faire de même.
Comme le dit Stanford, ces dépenses sont foncièrement improductives, car elles n’ajoutent rien au bien-être de la population.
Il conclut en disant qu’il ne faut jamais oublier que la concurrence « entraîne des coûts qu’il faudrait toujours mettre en contraste avec ses bienfaits, sans cesse vantés ».