Le Dr Fouillard indique que les efforts liés aux manutentions abîment également l’articulation et que le recours aux engins de levage s’impose quand c’est possible. Un tendon se répare en quelques semaines s’il est mis au repos sous anti-inflammatoire. Mais si on continue de le solliciter, la douleur risque de se chroniciser voire entraîner une rupture de la coiffe. Il est essentiel de détecter ces pathologies précocement. Ahmed Oudjani, ergonome, note également que le seul fait d’avoir les mains au-dessus des épaules crée une amplitude supérieure à 45 degrés. Les perches sont d’un grand secours pour peindre un plafond, à condition d’éviter les mouvements trop amples et trop rapides. L’usage de gazelles est un moyen de travailler à bonne hauteur. Certains gestes sollicitent plus l’épaule que d’autres, comme le port de charges lourdes, le tirage de câbles ou encore la pose d’enduit, les peintres, plâtriers, maçons, menuisiers, soudeurs, électriciens doivent donc être particulièrement vigilants. Le Dr Fouillard souligne que l'usage de dispositifs tels que des exosquelettes ou des systèmes de soutien de l’épaule peut être bénéfique, mais que la meilleure solution est de sensibiliser les opérateurs pour qu'ils prennent conscience de leur corps et modifient leurs gestes. Un travail, conduit en 2016 par l’APST-BTP-RP au sein du RNV3P* chez les ouvriers du bâtiment, a conclu d’ailleurs que les pathologies de l’épaule donnent significativement plus de problèmes de maintien dans l’emploi. Enfin, les entreprises peuvent bénéficier de subventions pour financer des actions de prévention des TMS, comme des formations ou des achats d'équipements de protection, via le Fipu (Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle), doté de 150 millions d'euros d'aides financières directes en 2024.